Orientations budgétaires 2018 : le choix de l’austérité complexée

Programme Gentilly 1

« Le choix de reconstituer des marges de manœuvre est la volonté de la majorité municipale et n’est fait sous aucune contrainte ». Voilà comment s’est défendu, lors du débat sur les orientations budgétaires 2018, le maire de Gentilly après la vente de l’hôtel Cecilia. Un bien immobilier dont les fruits de la vente vont être totalement consacrés à combler la dette de la ville.

Le leg Debray

Revenons un peu en arrière. L’an dernier, la municipalité annonçait qu’elle allait vendre ce bâtiment, produit du leg, dans les années 70, d’un Gentilléen fortuné. Monsieur Debray souhaitait que les loyers reviennent à des personnes désignées et qu’à leur mort, l’argent serve à financer l’action sociale de Gentilly. Les ayant-droits ayant peu à peu disparu, la ville est devenue au fil du temps, unique bénéficiaire de cet héritage qui rapportait environ 150 000 € par an.

L’estimation de la mairie portait la vente de ce bien à 5,5 millions d’euros. Nous en avons finalement acquis plus de 10 millions d’euros.

Nous pourrions nous satisfaire de cette bonne nouvelle pour la ville. Seulement cet écart pharamineux affermie l’inquiétude de Gentilly-Entente qui s’étonnait à l’époque du loyer particulièrement bas. Puisqu’à la vue du prix de vente, nous aurions dû toucher entre 500 000 et 1 million d’euros de loyers annuels, contre les 150 000 euros contractés avec le locataire actuel… l’équipe municipale est décidément mauvaise en affaire !

Une fois l’héritage vendu à une somme inattendue, nous pourrions attendre de la ville qu’elle exploite cet excédent pour améliorer la qualité de vie des Gentilléens. Toutefois, malgré sa bonne fortune, la ville s’entête dans son choix de l’austérité. Son plan ? Le remboursement de la dette qui pèse trop sur notre capacité d’emprunt (Un constat, au passage, que nous avions fait dès 2014). S’ensuit un gel des dépenses de personnel dès l’an prochain. Selon nos calculs, cela représente environ 60 postes supprimés d’ici à la fin du mandat en 2020 soit 1 poste sur 10. Un sujet grave sur lequel nous n’avons aucune visibilité ! En effet, l’exécutif a carrément refusé de nous donner ses projections alors qu’elle y est obligé par la loi et que la Cour des Comptes le lui a rappelé l’an dernier.

Aucun investissement prévu pour les années à venir

Par ailleurs, aucun investissement n’est prévu pour les prochaines années: ni la rénovation de l’école Barbusse et ses bâtiments vétustes, ni la préparation de l’arrivée de la ligne 14 et la valorisation de l’ancien collège Curie, encore moins la rénovation de Baquet. Bref, nous touchons 10 millions et la ville n’en fait rien. Où sont l’ambition et le souci de l’avenir ?

C’est là que les choix de la majorité nous inquiètent. 60 agents, ce n’est pas neutre. Nous pourrions entendre que la numérisation des services publics pallie à ces départs non remplacés ou en minimise l’impact sur les services rendus à la population. Ou tout autre explication, mais rien. Depuis 2 ans, à cette question, la même réponse : « vous verrez bien ! ». Nous voyons donc des postes être supprimés sans aucune projection, alors même que pour être élu, la majorité expliquait que tout allait bien.

Les Gentilléens veulent une bien meilleure gestion des deniers publics. Plutôt que l’austérité choisie, mais inavouée par la majorité, laissant place au doute et à l’incertitude, nous souhaitions une transparence totale et l’honnêteté d’assumer ses choix devant les Gentilléens. C’est déjà ce que nous préconisions en 2014 et nous continuons, plus que jamais. Vivement les prochaines élections que Gentilly reprenne en main son avenir !

 

Par Benoît Crespin,

Chef du groupe Gentilly-Entente


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