Lieux de culte musulman : oui ! Mais pas n’importe comment.

Association musulmane de Gentilly
Association musulmane de Gentilly - rue Gabriel Peri

Association musulmane de Gentilly – rue Gabriel Peri

La place de l’Islam dans notre société est un sujet qui déchaîne bien des passions. Il est vrai que nos gouvernants ont cumulé les erreurs depuis des années en marginalisant ou en exploitant des fidèles musulmans qui ne demandaient qu’à prier leur Dieu. C’est pourtant un droit de l’Homme imprescriptible que celui de pouvoir professer sa foi.

A Gentilly, le processus avait été un peu cavalier puisque que quelques jours avant les élections municipale de 2008, le précèdent Maire avait octroyé une salle municipale à la communauté musulmane de Gentilly, avenue Paul Vaillant Couturier. En 2012, cette salle a été victime d’un incendie voisin et la communauté musulmane a été déplacée dans un local en sous-sol de l’ancien collège Pierre Curie.

Sauf que depuis 2012, aucune convention n’avait été signée entre la ville et la communauté. Ce « partenariat », basé sur la confiance, reposait sur la remise en état de la salle par ses occupants. L’opposition ne sait si elle doit se féliciter ou s’inquiéter de cet arrangement. Car en cas d’incident, le Maire aurait été pénalement responsable de la situation et la Ville solidaire financièrement.

Heureusement, cette année, soit 4 ans plus tard, un accord accompagné d’une charte est enfin venue remettre un peu d’ordre, juridique, dans cet arrangement. Toutefois, c’est un pansement dans une jambe de bois à plusieurs titres. Et cela en termes de message, de respect et surtout d’exigence.

Lorsqu’on invite une communauté religieuse à prier en sous-sol, le message est malhabile voire dégradant. C’est offrir la meilleure occasion aux manipulateurs pour dénoncer une « stigmatisation » des musulmans. Quand on a quatre ans pour trouver une solution, ce mauvais message n’a aucune excuse.

Le respect semble également avoir été omis dans la démarche. Ainsi, plutôt que de se focaliser sur les moyens de contrôle que permet la loi de 1905 (obligation de dépôt des comptes des associations cultuelles, notamment), la majorité préfère exiger d’être informée des modifications internes à la vie de l’association et des membres qui la dirige. Ne peut-on avoir confiance dans la communauté musulmane pour se choisir des dirigeants de qualité ?

Enfin, au sujet de l’exigence que nous aurions pu avoir de la communauté musulmane, que nous accueillons à un tarif défiant toute concurrence, la question de la langue du prêche parait très légère. Sur le papier, il est demandé que «  le prêche se fasse dans les deux langues, celle de la religion et celle du pays d’accueil ». Une requête pour le moins timide et peu rigoureuse. A croire, nous avons honte de demander que les prêches, pas la liturgie, se fasse en Français. Au point de ne pas oser nommer notre langue. C’est la raison de notre refus de cette convention et de cette charte.

La langue est un vecteur d’assimilation, ainsi, la religion doit être un facilitateur d’acculturation. C’est également mettre fin aux inquiétudes voire aux mensonges qui pourraient entourer un prêche dans une langue étrangère, parfois peu maitrisée par les pratiquants eux-mêmes. Langue étrangère qui faciliterait le travail d’exagérations et de travestissement de certaines personnes malintentionnées.

Vous l’aurez compris, les élus de Gentilly-Entente souhaitent que chacun puisse professer sa foi dans la dignité et la paix. Toutefois, profitons de l’occasion de mettre à disposition des locaux pour nouer un dialogue serein et exigeant qui profite à tous.

Bel été à chacun !

 

Par Benoît Crespin

Président de Gentilly-Entente


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